mercredi 1 octobre 2008

de l'Alfas del PI a Mojacar






Se réveiller avec le bruit de la mer est toujours agréable. L’hôtel est en surplomb en haut d’un colline qui domine la ville et on a de la fenêtre de la chambre une vue magnifique sur toute la baie jusqu'à Calpe.

La plage et le Tai- CHI
Les plagistes sont déjà en train de mettre en place les bains de soleil des 8h du matin. On entend soudain une sorte de musique chinoise sur la plage, il s’agit d’une monitrice qui fait des mouvements de taichi (la gym chinoise) sur la promenade du front de mer et les gens du coin qui le souhaitent vienne faire les mêmes mouvements. Elle fait ses mouvements pendant plus d’une heure et des adeptes se relaient pour leur gym matinale. C’est assez sympa c’est ouvert à tous et certainement une animation organisée par la mairie. C’est une activité bien ciblée pour les plus de 60 ans qui semblent assez nombreux a résider dans le coin. J’en profite pour copier quelques mouvements d’étirements a partir de ma fenêtre.
Finalement dans les années soixante on faisait de la gymnastique Suédoise ( dite volontaire, on est pas la pour rigoler ) qui était basée sur des mouvements réguliers et musculateurs ( trois séries de 10 mouvements a chaque fois) l’idée était que l’esprit impose au corps sas volonté , c’est la maîtrise du physique par le mental . C’est a la fois stackanoviste et judeo chretien : il faut souffrir pour être beau et se purifier par l’effort ( la flagellation volontaire n’est plus tres loin).
Ensuite dans les années 80 c’etait l’Aerobic , un vent d’ouest venu d’Amérique ou on se muscle en gardant le sourire « colgate » au rythme du disco. C’est la philosophie US du type « c’est un plaisir de bosser un max » on sourit en transpirant mais on en fait un max qd même : la première demi heure c’est juste l’échauffement. On a passé le coté stacka par le plaisir de la danse mais on n’a pas fini d’exsuder ses péchés.
Enfin depuis 2000 un nouveau vent d’est ( comme dirait Pearl Buck, une chinoise mariée a un américain qui raconte dans « vent d’est vent d’ouest » le mélange des deux cultures) souffle les modes, le taichi est une gymnastique « douce » qui n’est pas basée sur l’effort et la musculation mais sur les étirements, le contrôle de la respiration et la symbiose entre le corps et la nature , il faut utiliser l’énergie qui vient du ciel comme celle qui vient de la terre. Le corps a ses raisons que la raison ignore ( ce n’est pas de moi mais de Benoite Groult je crois), le souffle du corps et ses flux doivent être en harmonie avec les forces de la nature.
La boucle est bouclée.
Nous allons prendre le petit déjeuner dans la salle a manger, elle s’ouvre sur une terrasse avec piscine ( six mètres sur quatre : c’est juste pour se rafraîchir pas pour faire des longueurs). Comme l’air est un peu frais Elisabeth préfère prendre le petit dej a l’intérieur. Une sorte de perroquet siffle l’air du pont de la riviere KWAI a tue tete. Et surprise , le petit déjeuner est servi par le garçon qui faisait office hier soir de barman, de receptionniste et de gardien de nuit. Je lui demande s’il lui arrive de dormir, il me répond qu’il travaille tous les jours de la semaine. Pas étonnant qu’il ait l’air déprimé. il porte une sorte de T shirt « université de californie » avec une chemise a carreau de bûcheron ouverte par-dessus, des baskets pas très propres de marque inconnue et un jean qui tirebouchonne. Pas vraiment le look Palace.
Avec du personnel aussi présent, la direction peut préserver ses marges. Dailleurs c’est lui qui encaissera le prix du séjour, il fait aussi office de caissier.
Le bord de mer est assez charmant, c’est une large allée d’environ 15 metres de large avec une rangée de palmiers sur chaque bord, le dallage est en marbre blanc et grenat avec de motifs géométriques comme on trouve joliment dans le coin. A 9 heures c’est le défilé classique des sportifs du troisième age (50 a 70 ans voire plus) en marche, en courant , avec ou sans bâtons
de marche voire a vélo pour certains. Quand on vieillit la chose la plus importante qu’on aie a gérer pour profiter du temps qui vous reste a vivre c’est la santé. Comme en plus on a généralement du temps, la plupart des gens d’un certain age (ou au moins ceux qui ont fait ce raisonnement) utilisent une part significative leur temps libre a faire du sport et de préférence le matin.
Nous marchons d’un bon pas jusqu’au bout de la « rambla ». Les trois cent premiers metres c’est une suite continue de restaurants et de bars , puis après un vaste camping en bord de mer qui a semblè arreter le rythme de l’urbanisation intensive, la route de rétrécit et apparaissent des baraquements de restaurant voire des terrains vagues( si si en front de mer !) puis la belle « rambla » en marbre coloré disparaît pour laisser place a un vulgaire trottoir puis un bas coté qui se poursuit en galets jusqu’a la mer.
Fin de Miami, c’est devenu la Ciotat.

Les villes champignon
Nous prenons la route vers Mojacar, muni de la carte Michelin, du GPS de la voiture et de mon GPS Tomtom sur mon telephone PDA ( il est censé signaler les radars que celui de la voiture ne signale pas.
Nous partons en position décapotable ( il faut finalement mettre mon gros sac de vetements sur la banquette arriere afin de tout pouvoir caser dans le coffre en position « toit replié »
Avant de partir j’ai demandé au gardien-receptioniste-barman-caissier s’il y avait du wifi dans le coin, il m’a regardé d’un air sceptique, comme si j’avais demandé des figues fraiches a un esquimau, et apres 3 secondes de profonde réflexion et une mimique de douleur m’a dit « je ne crois pas ». On verra plus tard pour mettre le blog a jour et reserver l’hotel de ce soir.

Nous passons au supermarché du coin pour faire les courses pour manger en route, c’est un supermarché tout neuf, les sols de marbres sont brillants, les rayons impeccables, il a sûrement été inauguré la semaine derniere ! Nous achetons un assortiment de produits de charcuterie locale ( jambon , lomo, chorisso et saucisson) des fruits locaux ( des poires bizarres jaunes et régulières comme faites au moule et des pêches plus grosses que des boules de pétanque lyonnaise ( c’est dire). Je trouve des gateaux locaux aux « cheveux d’anges » comme j’en achetais il y a quarante ans a La Nucia et qu’on ne trouve pas ailleurs.
Apres avoir contourné Alicante par la nationale 332 et l’autovia nous entrons dans une zone qui d’après la carte ne comporte pas d’agglomération. En fait c’est une zone continue qui fait environ 70 km d’urbanisation nouvelles , a gauche de la route les maisons et les immeubles a droite de la route les zones industrielles.
Les maisons sont construite par pack de 30 a 50 toutes identiques. C’est exactement quand vous achetez 24 yaourts au supermarché , ils sont tous identiques et sont fixés par le dessus.
Les packs de maisons sont toutes identiques et reliées par des rues au cordeau.
Il y a 50 maisons bleues puis 15 immeubles ocres puis 70 maisons jaunes, le lego se poursuit a perte de vue sur les collines et le long de la route. On a l’impression que tout est neuf et date de l’an dernier. Ce sentiment est renforcé par le fait que quand on progresse vers le sud on voit des trains de deux a trois cent mètres d’immeubles en construction, puis des urbanisations en cours sur plusieurs hectares. Les trottoirs tous neuf sont prets a etre posés. C’est vraiment impressionnant de voir cette expansion et cette création d’agglomérations a partir du desert.







les maisons en "packs"



Les chantiers au KM





Pour voir cela de près , nous allons pique niquer au bord de la mer. La greve est faite de roches qui se jettent dans la mer, on voit que c’etait un desert inhospitalier et sauvage qui a été urbanisé a grande vitesse. La ou nous sommes arrété il y a pléthore d’immeubles mais pas ame qui vive dans les rues, c’est certainement plein l’été , en fin septembre nous voyons juste passer deux couples d’anglais assez bizarres ( juste pour faire un pléonasme) un jogger et un cycliste. Deux pêcheurs au loin sur les rochers.
Nous bifurquons ensuite sur la droite pour prendre l’autoroute, c’est un changement radical de décor. Les premiers 80 km il n’ y a aucune agglomération ni station service, c’est le ruban d’autoroute dans le désert, ensuite nous entrons dans une zone de serres , toutes les vallées sont couvertes de serres a perte de vue, une photo ci-joint essaie de rendre compte de ce paysage étonnant.
Le GPS de la voiture ne connaît pas cette autoroute qui semble toute neuve, il erre lamentablement dans le bleu sans etre capable d’indiquer la distance ni le délai a parcourir, le Tom tom du PDA est mieux informé et suit le mouvement, Elisabeth suit sur la carte et maîtrise la situation.
En 150 km nous avons vu environ 6 voitures dans notre sens ! c’est dire si la situation est tranquille et le bouchon parisien bien lointain. Il suffit de mettre le régulateur a 120 ( c’est la vitesse sur auroroute ici) pas de coup de frein ou de volant dus a des poids lourds qui déboîtent ou des chauffards qui vous collent aux fesses.

Mojacar – une ile anglaise












Nous arrivons tranquillement a Mojacar, un village perché plein d’anglais. Le routard conseille 3 hotels , l’un est visiblement fermé en octobre, l’autre lorsque je lui téléphone est espagnol me repond « could you repeat please » : il ne parle qu’anglais. La pension Torreon est un hostal assez surprenant : une pièce centrale avec un plafond a 6 metres de haut , une sorte de patio couvert, qui donne sur une terrasse avec une vue magnifique sur la baie au loin. Le bacon est couvert de bougainvilliers en fleur. Autour du Patio cinq chambres. La maison datant semble t il de 1700 , tous les sols ne sont ni plans ni horizontaux et les salles de bain et WC sont visiblement des technologies rapportées.
Le patron est un Anglais d’environ 50 ans qui ressemble a Phil Collins. Comme en fait il n’y a personne d’autre ce soir la a l’hostal nous avons bénéficié non d’une chambre mais d’un suite avec patio et terrasse.
Près de la voiture nous lions connaissance avec un autochtone qui nous apprend que des Anglais habitent le village de façon permanente depuis 40 ans et que certains y tiennent des commerces , des hôtels et des restaurants. Ceci m’a été confirmé par le sosie de phill collins : vers 1960 , certains locaux ont quitté le village pour trouver du travail ailleurs, il a eu de nombreuses maisons a vendre ou a louer, les premiers Anglais se sont installés attirés par le climat et le site puis une communauté s’est créée , comportant notamment des artistes et des peintres.
Nous avions l’intention de faire un repas de tapas , nous nous sommes dirigés vers un bar de tapas qui avait une liste impressionnante de tapas a l’exterieur, qd nous avons voulu commander , la serveuse nous a entrainé a l’intérieur et nous a présenté le choix disponible : 4 en tout : aubergines, champignon saucisse et boudin. Eblouis par un tel choix nous nous sommes contentés de aubergine et champignon en nous disant que cela allait être juste l’apéro.
L’addition avec les boissons n’a coûté que 4 € et nous sommes partis manger a « Jamon Jamon » un restau que nous avions reperé.
Apres avoir attendu en vain le serveur nous n’avions plus faim et sommes finalement aller nous coucher.
Je me suis attaqué a la rédaction du blog et je n’ai fait que la journée d’aujourdh’ui, je n’ai que deux jours de retard a rattraper, il va falloir changer de volubilité sinon je n’y arriverai jamais.

1 commentaire:

Unknown a dit…

Et bien quel périple ! Le désert vs l'urbanisation, vous devez en avoir plein les yeux !!!
Gros bisous,
Gaelle